L’utilitarisme admettra par exemple le sacrifice de certains au bonheur du plus grand nombre tandis que le libéralisme d’obédience kantienne (la déontologie) tiendra la dignité humaine pour sacrée puisque le respect absolu de la personne humaine est exigée par la raison pure. Le libéralisme repose sur un précepte moral qui s’oppose à l’assujettissement, d’où découlent une philosophie et une organisation de la vie en société permettant à chaque individu de jouir d’un maximum de liberté, notamment en matière économique. Cela suppose idéalement un état de droit où sont respectées les minorités jusqu’à la plus petite, l’individu ; l’État n’étant que le garant de ce respect et devant rendre des comptes de son action. Les limites à fixer à l’action de l’État, ainsi que les modalités de l’action publique, notamment aux rôles respectifs de l’action administrative et de la joker bet loi, sont donc sujets à débat au sein même du libéralisme.
Alors que le libéralisme valorise le mérite individuel, le socialisme met l’accent sur la solidarité collective. Alors que le libéralisme veut réduire l’État, le socialisme veut un État fort qui redistribue. Être libéral politiquement, c’est défendre que le pouvoir doit être encadré et contesté par des contre-pouvoirs (justice indépendante, médias libres, opposition parlementaire).
Le libéralisme est également en opposition aux principes musulmans dans le sens où il s’appuie sur un relativisme moral qui dicte une absolue neutralité vis-à-vis des affaires religieuses arguant l’absence de réalité absolue éternelle opposable. Selon ces critiques, l’individu ne peut pas être une force agissante ou se considérer de prime abord comme libre au sein d’une société de masse. Le libéralisme est un courant de pensée qui prône la défense des droits individuels, subjectifs (isonomie, liberté, sécurité, propriété), dans la lignée de John Locke, au nom d’une vision fondée sur l’individu et la coopération volontaire entre les humains. De libéral (v. ce mot B 2 a).En vertu d’un sens authentique de la liberté, non en vertu d’une doctrine libéraliste ou anarchique (Maritain, Human. intégr.,1936, p. 195). Dans ces changements, la société civile prend une place croissante entre les logiques du libéralisme économique et les logiques des décisions politiques.Santé publique, 2003, Michel Mercier (Cairn.info)
La date des débuts formels du libéralisme ou de ses composantes politiques, économiques ou religieuses diffère selon les auteurs. La religion devient alors une affaire privée, ce qui favorise son déclin dans l’organisation politique de l’occident. La fidélité à l’ordre de la tradition est remise en cause par la Réforme au profit de l’arbitrage de la raison de l’individu éclairé. Ce processus porte, dans la théorie libérale, le nom de « rôle pacificateur du marché ». Dès les premiers essais libéraux, le marché apparait comme canalisateur des libertés concurrentes et des intérêts particuliers au sein de la société.
Un droit naturel se distingue d’un droit positif en ce qu’il ne découle pas d’une définition législative. Réciproquement, ces droits impliquent des obligations qui forment le noyau d’une morale personnelle et exigeante (Kant, Critique de la raison pratique). Selon ces deux auteurs, les principes du libéralisme ne ressortent pas au respect de droits naturels dont Bentham et Mill nient par ailleurs l’existence, mais à la contribution de la liberté à notre bonheur.
Pour Raymond Aron, parlant de l’exemple britannique dans la première partie de L’Opium des intellectuels (1955), les idées libérales s’imposent au point d’être présentes dans les programmes de tous les partis et de ne plus nécessiter de parti spécifique. Les idées libérales se diffusent dans la vie politique occidentale, au point de devenir la « base continue » des systèmes politiques à partir du XVIIIe siècle selon Pierre Manent. Les libéraux classiques s’efforcent de diffuser largement leurs idées, s’opposant aux idées étatistes prédominantes dans les cercles du pouvoir, comme a pu le faire Tocqueville en traquant l’origine du goût des Français pour la toute-puissance de l’État. Le libéralisme est alors une doctrine qui voit dans la liberté un principe absolu, et qui rejette toute métaphysique, tout dogmatisme. Le libéralisme a exercé une profonde influence sur plusieurs grandes révolutions et traditions politiques — anglaise, américaine, française — qui ont permis l’émergence des « démocraties libérales ». Adam Smith reste ainsi l’un des principaux théoriciens du libéralisme économique en fondant une théorie économique selon laquelle « les vices privés font le bien public », une intuition d’abord développée par Bernard Mandeville dans sa Fable des abeilles.
Ainsi, d’un point de vue de l’Islam, il est nécessaire, en cas de survenance d’un méfait (consommation de substance illicite, alcool ou autre méfait même légal), que le musulman conseille son prochain, même si le consommateur pense augmenter son bonheur individuel (vision utilitariste du libéralisme). Ces critiques reprochent aux libéraux de favoriser les droits de l’individu sans se préoccuper des conditions d’existence de ces mêmes individus au sein de la société. Une objection, transversale à plusieurs courants de pensée, est que le « libéralisme philosophique » fait la promotion d’une liberté purement formelle. Dans les sociétés anglo-saxonnes, des divergences autour du libéralisme classique portent surtout sur le degré interventionniste et les idées keynesiennes depuis la création du FMI.
Faute d’envisager des cas tels que la guerre, la théorie libérale des droits naturels s’interdit de penser le rôle de l’État (dont la version extrême libertarienne conteste du reste la légitimité) dans les relations internationales. La question se pose alors de savoir si une démocratie libérale a le droit d’enrôler ses citoyens lorsqu’elle est en danger. L’utilitariste pense donc que les sociétés libérales sont celles qui maximisent notre bonheur. Dans la logique utilitariste, une société heureuse est une société libre où chacun vit comme il l’entend tant que cela ne nuit pas à autrui (Bentham, Beccaria, Helvetius…). Pour les libéraux, la dichotomie entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » est artificielle, elle permet de définir plus précisément ce qu’est la liberté appliquée à des domaines différents.
Le droit de propriété est le droit pour chaque individu de disposer à sa guise du fruit de son activité et des richesses qu’il a créées ou acquises de façon légitime, ainsi que de s’approprier toute chose (par exemple l’espace qu’il occupe) qui n’est pas déjà la propriété d’un autre individu. Elle doit joindre, d’une part, dans le domaine économique, l’initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l’économie de marché, et d’autre part, dans le domaine politique, des pouvoirs politiques encadrés par la loi librement débattue, et des contre-pouvoirs. Au sens large, le libéralisme prône une société fondée sur la liberté d’expression des individus dans le respect du droit, du pluralisme et du libre échange des idées. Il avait été un peu déçu de rencontrer tant de foi chez ce prêtre, d’une tolérance extrême, mais c’était celle d’un missionnaire. Ils sont sélectionnés automatiquement et ne font pas l’objet d’une relecture par les équipes du Robert.
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Tous les partis républicains français sont libéraux en ce sens. Le libéralisme économique défend la liberté d’entreprendre, la propriété privée, le libre-échange et la limitation de l’intervention de l’État dans l’économie. On peut être libéral sur un plan et pas sur l’autre — c’est même fréquent.